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Depuis plus de 40 ans, de nombreux linguistes s’intéressent à l’application de la linguistique à différentes étapes du processus judiciaire. Toutefois, si du côté anglo-saxon les policiers et les magistrats ont reconnu son utilité de l’enquête policière au procès criminel (Blackwell, 2013), la linguistique légale demeure peu connue dans la francophonie. Les professionnels du milieu judiciaire n’étant pas immunisés aux soi-disant experts (Kosinski, 2015), la méconnaissance de ce domaine de recherche scientifique laisse la porte ouverte aux techniques pseudoscientifiques afin de distinguer les discours véridiques des discours mensongers. La technique SCAN (Sapir, 2005), par exemple, est utilisée à l’échelle mondiale …
En 1897, le juge Taschereau de la Cour suprême du Canada (CSC) proposait d’accorder moins de poids à un témoignage négatif qu’à un témoignage positif parce qu’une personne pourrait oublier des faits mais ne pourrait pas se souvenir des faits n’ayant jamais existé (Lefeunteum v. Beaudoin, 1897). Toutefois, bien qu’il ait subséquemment été discrédité par la CSC (World Marine & General Insurance Company, Limited v. Leger, 1952) et qu’il aille à l’encontre des connaissances scientifiques sur les faux témoignages (Schacter & Loftus, 2013) et le mensonge (Granhag, Vrij & Vershuere, 2014), ce critère d’évaluation de la crédibilité est toujours utilisé …