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Nous proposons par cette présentation d'éclairer la dimension ironique du dialogue platonicien en montrant comment se répondent l'une et l'autre les intuitions de deux philosophes historiquement fort éloignés. Nietzsche disait que les « Grecs étaient superficiels – par profondeur », autrement dit qu'à la surface même de leurs réflexions gisaient une pénétration intellectuelle singulière des choses. Plusieurs siècles plus tôt, le philosophe Al-Fârâbî nous introduisait aux Lois de Platon par histoire d'un ascète qui réussit à échapper à la persécution en dévoilant son identité d'une manière si explicite et « naïve » que personne ne le crût. Il conclut ce …
Cette communication propose une critique d'une morale de l'autonomie à travers l'Antigone de Sophocle. À la différence de ce qu'offre la majeure partie de la littérature, il est possible d'interpréter la tragédie de Sophocle à la lumière d'un conflit entre deux morales autonomes et ainsi d'en dégager une critique de l'autonomie comme horizon moral. D'une part, le chœur accuse Antigone d'être autonomos (v. 821), puisqu'elle se donne elle-même sa propre loi. D'autre part, Créon, bien qu'il invoque un honneur sacré dû à la cité et conséquemment un mépris du corps du traître Polynice, est qualifié de « tyran » et …
L'herméneutique dite “de la confiance” de Gadamer (Dostal: 2008) serait largement redevable à Platon (Risser: 2002). En effet, si l'idée de dialogue joue un rôle central dans une œuvre mature comme Vérité et méthode, on note des similitudes très fortes entre les caractéristiques de ce dialogue et celle que Gadamer exposa dans sa thèse d'habilitation de 1931 sur Platon (L'éthique dialectique de Platon). Nous chercherons toutefois à montrer, en la confrontant au problème de l'ironie socratique et platonicienne, que cette « éthique dialectique » fondée dans une large mesure sur l'authenticité des interlocuteurs repose davantage sur une conception aristotélicienne de …
Le problème du rapport entre théorie et pratique remonte certainement aussi loin qu'à la philosophie politique platonicienne. En thématisant avec le personnage de Socrate le rapport conflictuel entre le philosophe et la cité, Platon fit voire une tension entre ces deux sphères de la vie humaine, tension qui culmine dans l'impossible réalisation du meilleur régime (Savadago 1999). Emmanuel Kant, à l'opposé, pensa le rapport théorie-pratique par-delà l'idée de tension : il voit plutôt une conformité et une harmonie de ces deux pôles. Nous voulons montrer ici comment Kant établit ce rapport harmonieux en s'inspirant d'une lecture non-conflictuelle de l'idée platonicienne …