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Depuis Mendeleïev les chimistes ont imaginé une quasi-infinité de façons de représenter la classification périodique des éléments, la plupart sous forme de tableaux. Aucune n'est entièrement satisfaisante. En voici une nouvelle, basée avant tout sur la configuration électronique des atomes. Ses deux caractéristiques principales sont l'emploi de couleurs pour illustrer les relations entre groupes et sous-groupes, et la troisième dimension pour séparer les divers types d'orbitales. Plusieurs variantes sont possibles; on en exposera deux modèles.
Les spectres d'absorption dans l'infrarouge lointain (jusqu'à 200 microns) de films polycristallins de H2O2 montrent une demi-douzaine de bandes assez fortes à 262, 236, 216, 181, 146 (?), et 104 cm-1. La plupart se retrouvent légèrement décalées, et avec des intensités différentes, dans le spectre Raman, (R. Taylor). Une étude semblable du composé isotopique D2O2 permettra d'attribuer ces fréquences aux divers modes de libration et de translation de molécules dans la maille cristalline.
La configuration la plus stable de la molécule (CH2OH)2 à l'état libre n'est pas encore connue avec certitude. Pour éclaircir cette question, nous avons entrepris l'étude des spectres infrarouges (entre 100 et 4000 cm-1) de cette molécule ainsi que des espèces isotopiques (CH2OH)2 et (CH2OD)2 sous les trois états physiques. Les premiers résultats confirment l'existence de fortes liaisons hydrogène et l'absence d'isomères de rotation, du moins dans les phases condensées.
Les spectres infrarouges de HSO3F et HSO3Cl montrent que dans ces acides les liaisons H (de quelque 6 kcal) conduisent à la formation de dimères cycliques même à l'état de vapeur. De plus, l'acide chlorosulfonique est plus fortement dimérisé que l'acide fluorosulfonique. Ces acides halogénés sont beaucoup plus volatils que l'acide sulfurique à cause du phénomène de cyclisation par liaisons H. La rotation interne de l'unique proton dans ces deux acides est gênée par un seuil de potentiel triple d'environ 1.3 kcal.
L'acide perchlorique pur et son analogue deutéré, DClO4, ont été étudiés en infrarouge de 4000 à 300 cm^-1 sous les trois états physiques. Les spectres concordent bien avec la structure acceptée (de symétrie Cs). Dans l'acide liquide et cristallin on trouve des liaisons hydrogène d'énergie moyenne (3 kcal.). Toutes les fréquences fondamentales de la molécule ont été observées, ce qui a permis de calculer les propriétés thermodynamiques suivantes du gaz idéal à l'état standard: (F° - E°)/T = 58.7, et S=70.3 cal. mole^-1 deg. -1
Au-dessus de 4000C le spectre électronique de SO2 s'affaiblit graduellement et fait place à un continuum (Henri, 1931; Wieland, 1934). Pour expliquer ce phénomène on a proposé l'existence d'un isomère de formule SOO (Myerson, Taylor, et Hanst, 1957 J. Chem. Phys. 26, 1309). Nous avons mesuré le spectre infrarouge de SO2 à pression atmosphérique et à des températures allant jusqu'à 7000C. Dans ces conditions, aucune bande attribuable à l'isomère hypothétique n'apparaît. Celui-ci semble également improbable du point de vue structure électronique ou énergie.