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Morgane Maridet : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Cette proposition concerne la place prise par l'initiation dans la construction du rapport au théâtre et son influence sur la « carrière de spectateur ». Plus qu'une transmission de savoirs en lien avec le contenu des pièces (connaissance des auteurs, des courants artistiques…), ce qui est déterminant pour l'instauration d'une pratique continuée de spectateur, c'est l'initiation aux règles, aux codes et aux rituels du théâtre et l'instauration d'un lien affectif entre spectateur et théâtre. Trois types d'initiation au théâtre peuvent influencer les carrières de spectateurs : la famille, l'école, et une initiation souvent plus tardive et se faisant hors de ces contextes d'éducation privilégiés. Le plus important dans cette transmission apparaît résider dans l'expérience affective autonome de l'individu. Néanmoins, la construction d'un rapport plus personnel au théâtre n'est pas réservée à un seul type d'initiation : ce qui semble en effet primer dans l'élaboration du statut de spectateur, c'est l'accumulation des expériences et l'influence des différents prescripteurs (parents, professeurs, amis, institutions…) qui font que l'apprenti spectateur s'attache plus ou moins au théâtre. Il s'agira donc ici de présenter quels semblent être les savoirs à transmettre pour favoriser l'engagement de l'apprenti spectateur dans sa pratique du théâtre, et sur quels modes, dans quels contextes leur transmission paraît être la plus efficace.
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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