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Zombie : le mythe et le symptôme anti-capitaliste

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Pascal Vaillancourt : Université de Montréal

Résumé de la communication

La popularité du zombie s'associe à la croissance de désirs et de peurs refoulées. Nous vivons une période de lobbying : les débats sur les autorités économiques et législatives font rage sur la toile et dans la rue. Il s'agit d'une opposition à la centralisation du pouvoir autour de puissances a priori hors de portée du peuple (mouvement Occupy Wall Street, débats de liberté sur Internet). C'est l'imaginaire d'une horde qui fait tomber le système capitaliste. Mais changer pour instaurer quoi ? Le zombie du 21e, c'est le symptôme d'une partie de la société qui se cherche un nouveau modèle. Nous verrons comment 28 Days Later aborde les relations sociales après la chute de la société connue. La fiction de zombie met en scène des non-lieux où demeure le fantôme des infrastructures capitalistes retirées de leur valeur, mais aussi celui de ses créatures errantes toujours en quête de consommer davantage, tenues en vie par leur désir. Le zombie devient un mythe moderne avec ses connotations intrinsèques. Il problématise les relations et besoins humains dans l'optique d'une société alternative. La zone post-apocalyptique et la parodie deviennent centrales au genre. Comme si nous cherchions à nous rassurer à travers le rire et en contrôlant l'espace et son exploration. Ainsi, il devient possible de maîtriser ses peurs (fonction du mythe) face à ces grandes puissances presque transcendantes semblant détenir l'avenir entre leurs mains et pouvant à tout moment déclencher l'apocalypse.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autopsie du zombie
section icon Date : 10 mai 2012

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Titre du colloque :

Autopsie du zombie

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Thème du colloque :

Autopsie du zombie