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Moussa Daff : Université Cheikh-Anta-Diop
Pierre KIPRE, dans sa conférence intitulée « L'Afrique et ses avenirs » posait trois principaux problèmes que le continent doit résoudre pour répondre aux défis contemporains du vivre ensemble. Celui de la capacité de maîtrise de l'environnement humain et naturel, celui de la capacité d'élaboration de stratégies pour permettre cette maîtrise et celui de la capacité d'articulation bénéfique de l'avenir avec la marche des autres peuples, en tirant parti des progrès actuels. Voilà les défis assignés à l'Afrique par la mondialisation. Il s'agit donc de trouver des réponses aux problèmes de l'éducation à l'environnement pour un développement durable, de la diversité culturelle et éducative et de la mondialisation. Ces réponses endogènes ne peuvent se penser que dans le cadre d'une volonté de maîtriser les mutations que provoquent d'une part la rencontre avec l'Occident et d'autre part le choc des cultures. Se connaître puis s'ouvrir est une exigence pour l'Afrique contemporaine car le progrès n'est possible qu'en acceptant de refouler dans le passé ce qui a cessé d'être utile et en versant dans les vagues de la société mondialisée la richesse de son savoir culturel qui humanise toute relation. Il s'agit non seulement de s'offrir une structure de prise en charge de la reconstruction identitaire dans le cadre d'une modernité permettant l'accès à l'universel mais aussi et surtout d'une recréation de la tradition dans une perspective d'appropriation de la modernité contemporaine.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.