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La précarité des bibliothèques universitaires au Sénégal, pourtant essentielles à la science et à sa critique

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Djibril Diallo : Université Alioune Diop de Bambey

Résumé de la communication

Le monde universitaire actuel est marqué par une forte polarité d'accès à l'information scientifique et technique. Au Sénégal, les bibliothèques universitaires s'inscrivent dans un contexte politique, social et économique souvent difficile. Elles font face à l'augmentation très importante du nombre d'étudiants, alors que les superficies des locaux restent les mêmes, et à l'absence de politique d'acquisition cohérente dans un contexte de précarité. Le développement de la recherche universitaire se heurte aux lacunes de la documentation.

Cette contribution a pour objet la place des bibliothèques universitaires dans la société de l'information, du point de vue des pays du Sud. Elle veut rappeler que le partage et le renforcement du savoir mondial pour le développement peuvent s'améliorer si l'on supprime les obstacles de l'accès équitable à l'information scientifique et technique dans les bibliothèques universitaires. Il conviendra donc d'identifier, de localiser les difficultés liées en terme d'environnement institutionnel, de constitution des fonds documentaires, de budget, de formation, d'accès aux ressources en ligne et d'information de certaines bibliothèques universitaires. Notre objectif vise à promouvoir et à mettre en œuvre des projets et programmes de coopération universitaire au développement en vue de renforcer les institutions universitaires des pays en développement en tant qu'acteurs du développement de leur pays et de leur région.

Résumé du colloque

La science n’est pas qu’un ensemble de textes proposant des connaissances qui visent à comprendre le monde et à le modifier par des interventions. C’est aussi un label souvent utilisé comme une certification de qualité – ?d’objectivité et de vérité –? applicable à certains savoirs et non à d’autres. En effet, selon le cadre normatif dominant de la science actuelle, tout travail qui aspire à la qualité «? scientifique » ?doit être basé sur des données probantes, sur l’évaluation par les pairs dans des revues reconnues ou ayant un facteur d’impact élevé, et reposer sur une revue exhaustive des contributions scientifiques au domaine et sur une méthodologie reconnue et éprouvée. Suivant ce cadre normatif, on qualifie de « charlatans » ou d’esprits irrationnels les savoirs qui contestent la fiabilité des vaccins, le changement climatique, le progrès apporté par les OGM, etc. Alors que certains milieux politiques semblent mépriser ouvertement les connaissances scientifiques lorsque vient le temps des décisions, la formulation « la science montre que... » est souvent utilisée pour disqualifier des propositions concurrentes ou pour justifier tel ou tel choix politique. Pourtant, il n’est jamais possible de parvenir à un résultat définitif ou éternel en science : une connaissance scientifique est toujours un modèle, une manière de représenter le réel qui est propre à un moment historique et qui est vouée à se transformer. La critique et le doute font partie intégrante du processus de production des connaissances.

Dans ce contexte, la critique de la science apparaît comme un exercice délicat. Est-ce pour cette raison que le cadre normatif dominant de la science semble la réserver aux pairs, aux collègues du domaine? Quelle est la place de la critique externe, c’est-à-dire provenant d’autres disciplines, de l’État, de l’industrie ou de la société civile, dans le travail scientifique? Cette critique pose parfois des questions cruciales aux scientifiques, à leurs institutions et au cadre normatif dominant de la science. Ce sont ces questions que nous souhaitons explorer dans ce colloque. Par exemple, comment dénoncer l’influence des conflits d’intérêts sur une partie de la recherche biomédicale sans pour autant nuire à la crédibilité de ce domaine de recherche? Comment communiquer la science en laissant au public la possibilité légitime de douter et de questionner les savoirs présentés? Comment stimuler la confiance dans l’institution scientifique sans exiger du public une admiration béate ? Les scientifiques peuvent-ils et savent-ils accepter la critique externe sans crainte de perdre leur autorité, leur pouvoir de véridiction, comme dirait Michel Foucault? La critique de l’ordre normatif dominant de la science, par exemple dans les études postcoloniales ou féministes, ou –? de manière plus tacite – ?dans le mouvement de la science ouverte, est-elle « antiscience » ou évoque-t-elle plutôt le désir d’une évolution de ce cadre normatif?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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