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Silvère Tribout : Université de Lille
La contribution propose d'analyser ce que l'intégration, le plus en amont possible, de la thématique des eaux pluviales dans le processus de conception, en France, peut produire sur le contenu du projet urbain et sur les modalités de coopération entre acteurs.
Pour cela, elle s'appuiera sur une analyse du projet de recherche et développement COMETA (Conception d'Outils et de MEthodes dédiés aux Techniques Alternatives), coordonné par l'Université Lille 1 (Laboratoire TVES). Associant chercheurs en urbanisme et en ingénierie urbaine, acteurs publics et privés, ce projet vise à développer un logiciel de conception de systèmes de gestion des eaux pluviales. L'enjeu est de faire de ce dernier, une plate-forme collaborative appropriable autant par les ingénieurs que par les aménageurs et concepteurs.
En quoi le développement d'un tel outil peut-il modifier la nature et la répartition des compétences propres à chaque acteur du projet urbain ? En quoi implique-t-il de nouvelles négociations de places dans le processus de conception ? Cette contribution interroge deux formes de mise en système dans le processus d'opérationnalisation du développement durable : 1) celle qui concerne les thématiques de projet : ici, comment faire de la gestion des eaux pluviales, un sujet structurant du projet plutôt qu'un objet plaqué en fin de processus ? 2) celle qui concerne les acteurs du projet : sous quelles conditions les acteurs peuvent-ils (voire acceptent-ils de) collaborer sur le long terme ?
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.