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Anne Dupuis : Cégep de Saint-Laurent
La réécriture permettant de rédiger un texte toujours plus lisible, toujours plus juste, livré dans une langue claire et précise, est peu enseignée au collégial. Le projet de recherche présenté ici propose d’observer le processus de réécriture des auteurs d’expérience, essayistes ou vulgarisateurs scientifiques par exemple, et de tirer de cette observation un savoir-faire à transmettre. Ce qui nous intéresse particulièrement est le travail sur la syntaxe et sur le vocabulaire effectué lors de la réécriture : déplacements, ajouts, suppressions, transformations. La méthode proposée associe vidéographie et entretien d’explicitation. Nous verrons un exemple de ces vidéographies qui serviront de point de départ à des entretiens d’explicitation amenant le sujet à verbaliser ce qui est inobservable, soit son activité intellectuelle alors qu’il ou elle intervient dans son texte pour effacer, transformer, clarifier. Cette alliance de la génétique du texte et de la didactique de l’écrit n’est pas nouvelle : après une revue des travaux existants, nous engagerons une discussion sur les retombées d’une telle recherche, recherche qui, nous l’espérons, permettra de formuler des propositions pour enrichir l’enseignement de l’écriture au collégial.
Les faibles compétences en littératie de certains élèves du collégial au Québec, on le constate, sont un frein à leur apprentissage et à leur réussite. Afin de favoriser les initiatives visant à remédier à cette problématique, le Cégep Gérald-Godin a décidé de mettre sur pied une structure de soutien et de recherche consacrée à la question spécifique de la littératie au collégial : le Laboratoire de soutien en enseignement des littératies. Ce colloque est la première initiative de ce laboratoire et marque le début de ses activités.
En effet, la littératie est une notion de plus en plus étudiée en éducation et la littérature scientifique qui s’y rapporte permet de dégager deux catégories de définitions. D’un côté, elle est une notion socioculturelle qui permet une catégorisation et une différenciation; ainsi, les littératies sont des pratiques de lecture ou d’écriture qui se construisent et s’ancrent dans un contexte donné (Delcambre et Lahanier-Reuter, 2012). De cette définition émerge des expressions telles que littératie numérique ou littératies disciplinaires. D’un autre côté, la littératie est abordée sous l’angle des compétences et elle semble le versant positif et opérationnalisable de l’illettrisme (Dupont, 2014; Hébert et Lépine, 2013), perception que les enquêtes internationales de l’OCDE ont contribué à forger (Lafontaine, 2001). Elle se définit comme la « capacité d’utiliser le langage et les images de formes riches et variées pour lire, écrire, écouter, parler, voir, représenter et penser de façon critique, et ce, dans différents contextes » (ministère de l’Éducation de l’Ontario, 2005).
Ce colloque se propose de dresser un portrait de la réalité du collégial en matière de littératie. Quelle conception les acteurs du collégial ont-ils de celle-ci? Quelles problématiques associe-t-on à la littératie? Quels sont les cadres théoriques à considérer pour aborder ces problèmes? Quelles interventions peut-on mettre en oeuvre et avec quels succès? Quelles sont les résistances ou défis rencontrés?
En diffusant les résultats de recherches issus du milieu collégial, en présentant le matériel conçu pour favoriser le développement de la littératie au postsecondaire et en rassemblant des spécialistes possédant différentes expertises (genre textuel, écriture réflexive, communauté d’apprentissage), le Laboratoire de soutien en enseignement des littératies, initiateur du colloque, espère favoriser une réflexion qui permettra d’envisager diverses pistes d’action par rapport aux problématiques liées à la littératie au collégial.
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