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Dan Van Raemdonck : Université libre de Bruxelles
L'analyse et la pratique grammaticales en classe, ainsi que les outils et discours utilisés pour en rendre compte, sont actuellement encore trop conformes à une tradition liée au mot, à son assignation à une nature et à une fonction, à son inscription dans une phrase souvent décontextualisée. L’appréhension et la terminologie formelle qui les encadrent sont par ailleurs souvent détachées des rapports de sens à l'œuvre dans le discours, et détournées de la visée pédagogique fondamentale de construction et déconstruction du sens des productions langagières en situations de communication différenciées.
Comment dès lors travailler le sens de productions longues quand les outils mis à disposition ont été forgés pour l’orthographe du mot et des constituants dans la phrase et ne permettent donc pas, quand ils ne l’empêchent pas, le passage au niveau supérieur de la compréhension ?
Après avoir montré qu’il est possible de décrire tous les niveaux de la langue – du texte à la classe de mot en passant par l’accord – à l’aide d’une structure élémentaire récursive qui consiste en la mise en relation d’un apport d’information à un support d’information, nous illustrerons, à l’aide de compte rendu d’activités dans les classes depuis maintenant 5 ans,une progression possible du matériau grammatical pour l’école, de 6 à 15 ans.
Au 21e siècle, dans bon nombre de pays et de régions francophones, la grammaire occupe toujours une place importante dans la scolarité obligatoire (Élalouf et Péret, 2008; Chartrand et Lord, 2013; Chartrand, 2016), et ce, notamment parce que son enseignement vise à la fois à faire comprendre le système de la langue aux élèves et à leur faire atteindre un niveau de compétences langagières conforme à des exigences sociales (Lord et Chartrand, 2017). Au fil du temps, l’enseignement de la grammaire a été maintes fois critiqué, remis en question et ponctué de nombreux débats, autant publics que scientifiques, et ce, notamment en raison de constats relatifs aux difficultés de bon nombre d’élèves à propos des aspects normés et régulés de la langue.
Les recherches en didactique du français au cours des 30 dernières années ont certes contribué à faire évoluer cette discipline scolaire, pensons aux travaux portant sur la réflexion métalinguistique, sur l’acquisition de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation ou encore sur l’élaboration et l’expérimentation de dispositifs didactiques novateurs, sur la formation initiale et continue des enseignants en grammaire et en didactique de la grammaire. Ce symposium est l’occasion de faire état des dernières avancées de la recherche liée à l’enseignement et à l’apprentissage de la grammaire de l’école primaire à l’université dans les différents pays de la francophonie.
Les communications de ce colloque s’inscrivent dans trois axes :
Axe 1 : L’élève, ses représentations ou ses conceptions, l’analyse de ses graphies, l’analyse de ses performances, ses raisonnements grammaticaux, ses affects
Axe 2 : L’enseignement de la grammaire et de l’orthographe, les propositions didactiques, les pratiques novatrices, l’ingénierie didactique
Axe 3 : Formation initiale et continue en grammaire et en didactique de la grammaire
Titre du colloque :