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Ikbel Charfi : insitut supérieur des arts et métiers- Université de Sfax- Tunisie
Le design, que nous considérons comme locomotive d’innovation, nous procure une richesse d’outil de réflexion sur nos pratiques d’enseignants et d’artistes à la fois. Il nous permet de transposer les processus créatifs, collaboratifs essentiellement (Lamoureux, Cardoso, Messina, 2019) et qui nous paraissent indispensables aujourd’hui pour construire un projet de recherche-création… Cette dernière s’appuie souvent sur un certain imaginaire collectif généré par une dynamique de groupe fort intéressante à souligner.
Aux frontières de la recherche-action et de la recherche DD (développement durable), nous plaiderons pour un projet intersectoriel favorisant le génie créatif, mais surtout la volonté de conquérir le champ vaste de l’innovation que ce soit sociale, politique ou culturelle… Le cas des « Ateliers ouverts » qui se tient à l’ISAMS depuis une dizaine d’années et où enseignants et étudiants de diverses spécialités œuvrent ensemble pour créer un meilleur cadre de vie universitaire représente un exemple phare qui génère diverses communications et arguments de projets de recherche. Avancer des réflexions sur le co-conçu, le co-écrit, le co-dirigé, ( Anadón , bagnoud, Henetton, 2007) ne se comprend pas uniquement dans le cadre d’une approche d’un design local mais plutôt en faveur d’un design global envahi souvent par la typologie évolutive d’une discipline et les métamorphoses du vécu dans toutes ses dimensions, ce qui suscite le débat mutuel entre plusieurs régions du monde.
Ce colloque présente des projets de cocréation qui émergent des milieux de pratique et y réfléchit afin de répondre à des enjeux sociaux, artistiques et culturels contemporains et qui mettent en œuvre des technologies numériques.
Il fait le point sur l’actualité de la recherche basée sur l’art et le design dans le contexte mouvementé de la dernière année qui a été marquée par la pandémie mondiale et son impact politico-économique, par une prise de conscience accrue des crises climatique et écologique, par des mouvements de confrontation sociale aux injustices et aux inégalités systémiques qui couvaient déjà depuis longtemps.
Ce colloque propose une table ronde intersectorielle qui encourage les discussions entre chercheur‑ses universitaires, doctorant‑es et praticien‑nes de diverses disciplines afin de consolider l’état des connaissances des impacts de ces démarches de cocréation intersectorielle sur les domaines de la création, de la médiation culturelle numérique et de la pédagogie ainsi que sur les pratiques d’organisation. De plus, nous clarifierons l’apport de la recherche-création à l’évolution des pratiques, des connaissances et des institutions.
Enfin, un microévénement propose la démonstration de pratiques artistiques et performatives originales déployant des technologies numériques comme réponse aux enjeux sociaux, artistiques et culturels contemporains.
Selon nous, la capacité des chercheurs à s’attaquer efficacement aux problèmes contemporains complexes réside autant dans l’élaboration de nouvelles approches collaboratives interdisciplinaires et interculturelles pour intégrer les formes de connaissances que dans la création de nouvelles structures institutionnelles et de nouveaux mécanismes organisationnels pour soutenir et valoriser les modalités émergentes de la recherche universitaire intersectorielle et interculturelle.
Le défi en est un à la fois d’intégration et de rupture. D’une part, ils développent et affirment la recherche basée sur l’art et le design au sein des structures institutionnelles existantes. En se référant aux modèles existants, ils expérimentent des méthodologies de conception de la recherche et de création critique, ainsi que de nouveaux formats de présentation et de diffusion de leurs travaux. D’autre part, ils sont également des agents actifs du changement institutionnel par les dispositifs peu orthodoxes qu’ils créent et les lieux où ils opèrent parfois.
Les laboratoires de recherche basés sur la pratique de l’art et du design sont des lieux permettant d’opérer des changements dans les établissements d’enseignement supérieur et dans les relations de ces établissements avec les secteurs plus larges de l’économie du savoir. Les laboratoires, les studios et les collectifs qui se consacrent à la recherche basée sur la pratique dans les disciplines créatives sont des lieux tout désignés pour commencer à étudier ces nouvelles architectures institutionnelles.
Titre du colloque :