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Sophie Williamson : Cégep Limoilou
Lorsque nous présentons la philosophie grecque, plus particulièrement celle de Platon, nous brossons un portrait de Socrate comme un « héros » de la philosophie. D'une part, ce portrait est légitime, puisque nous cherchons à valoriser la figure du philosophe pour pouvoir prendre au sérieux son geste proprement critique, soit la remise en question radicale des opinions. En présentant l'idéal philosophique comme un amour de la sagesse, nous donnons une portée morale convaincante à la recherche de la vérité. Toutefois, ce faisant, nous déformons l'enseignement socratique. En effet, c'est en lisant le court ouvrage « Le bluff éthique » de Frédéric Schiffter que m'a apparu évident le défaut de la démarche de Platon que nous reprenons à notre tour ; soit la valorisation excessive d'un intellectualisme moral. Schiffter met en lumière une perversion de la figure de Socrate lorsque Platon lui donne l'air d'un « donneur de leçon » et d'un « raisonneur ». Pour reprendre les termes de Schiffter, nous tombons à notre tour dans de telles « gesticulations spirituelles ». On laisse de côté le Socrate de Xénophon, une figure davantage tragique, presque amorale ou même nihiliste. J'aimerais donc présenter cette hypothèse d'un « Socrate antisocratique » comme ayant dominé l'histoire de la philosophie. On pourrait opposer à cette figure idéale un modèle alternatif présent chez Xénophon, ce que j'aimerais aussi abordé par le biais du livre de Schiffter.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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