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Patrick Rywalski : Haute école fédérale en formation professionnelle
Les développements économiques, politiques et sociaux de l'après-guerre ont favorisé l'émergence d'une valorisation des parcours individuels en parallèle aux mouvements sociaux. De l'idée d'une éducation permanente à l'apprendre tout au long de la vie les enjeux des systèmes éducatifs sont relativement semblables : éduquer et sélectionner. L'ingénierie des dispositifs de formation des adultes apportent des souplesses et des innovations dont peuvent s'emparer les systèmes éducatifs formels, comme l'enseignement supérieur. Les logiques de reconnaissance et de validation des acquis de l'expérience (RVAE) participent de ces innovations sociales lentes à mettre en œuvre et porteuses d'espoir de promotion sociale.
L'hybridation des dispositifs de formation apportée par la numérisation pourrait trouver dans les philosophies de la reconnaissance de l'expérience des appuis conceptuels innovants. Les enjeux d'évaluation des pratiques des personnes expérimentées relèvent des questionnements pouvant interpeller le rapport au savoir des institutions. La situation de la RVAE en Suisse est différente selon le domaine de la formation professionnelle ou celui de l'enseignement supérieur. Depuis 2004, plus de 500 enseignants ont obtenu leur diplôme pour l'enseignement de branches professionnelles ou de culture générale par une démarche de RVAE.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.
Titre du colloque :