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Injustices épistémiques et pouvoir identitaire : identités vécues vs identités perçues

MM

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Marie-Andrée Mbengue-Reiver : École nationale d'administration publique

Résumé de la communication

Fricker (2007) désigne le pouvoir identitaire comme un type de pouvoir social. Ce pouvoir identitaire requiert, selon elle, une coordination sociale imaginative ce qui a pour effet d’influencer la capacité ou la légitimité épistémique des personnes. Cependant Fricker manque de discuter de l’ontologie de l’identité. Considérant d’autres courants théoriques, comme l’intersectionnalité, qui présentent clairement l’identité comme étant de nature construite, dynamique, multiple, et située (Rebughini, 2021) nous abordons les injustices épistémiques - aussi bien testimoniales qu’herméneutiques - comme nécessitant de mieux comprendre comment ce pouvoir identitaire opère. Cette réflexion est une invitation à penser les injustices épistémiques sur la base des identités vécues et perçues (Bacevic, 2023). En d’autres mots, que le déficit de crédibilité ou la capacité à faire sens de sa propre expérience sont nuancés ou renforcés par les identités vécues, par soi-même (Watson, 2002) et les identités perçues par son environnement social (Garneau, 2017 ; McCluney, 2021). Nous discuterons de cet enjeu théorique en s’appuyant sur des données d’enquête liées à l’autoidentification de personnes interrogées sur leurs expériences vécues au Canada.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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