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Bernard Kaufmann : Université Claude-Bernard-Lyon-I
Les habitats résidentiels collectifs, en un autre mot, les immeubles, abritent la majorité des habitants des métropoles françaises (ex: 80% des ménages à Lyon). Les espaces verts qui leur sont associés représentent 5-10% de la surface totale d’espaces verts (forêts et agriculture exclus), bien davantage dans la zone urbaine dense où ils dépassent les parcs publics. Leur biodiversité n’a fait jusqu’à présent l’objet d’aucun travail scientifique, alors qu’ils pourraient représenter une ressource cruciale et s’intégrer aux trames vertes urbaines. Nos travaux pluridisciplinaires dans le cadre du projet COLLECTIFS - LabEx: Intelligences des Mondes Urbains, nous ont conduit à étudier la biodiversité présente dans les parcelles (avec des parcs urbains comme contrôles positifs), dont les bactéries, les champignons, la micro et mésofaune du sol, les invertébrés de surface, les pollinisateurs, la flore, les oiseaux et les chauve-souris. En parallèle, nous avons modélisé le rôle ces espaces verts dans la connectivité fonctionnelle de plusieurs espèces. Nous avons aussi enquêté auprès des habitants pour mieux connaître leur regard sur la biodiversité. Nos résultats révèlent une forte variabilité de la biodiversité, un potentiel pour les trames dépendant fortement de la localisation géographique et des habitants prêts à améliorer la situation, avec des appréhensions. Il n’est pour nous plus possible d’ignorer ces espaces riches et divers, au cœur du fonctionnement des écosystèmes urbains.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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