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Aleksandra Jasinska : Université de Fribourg
Les programmes de formation au management sont souvent critiqués ; ils sont trop quantitatifs, techniques et ne développent pas les compétences nécessaires pour pouvoir gérer la complexité de l’environnement. Ainsi, plusieurs auteurs et autrices proposent l’intégration de sciences humaines afin de s’éloigner des cadres normatifs des théories du management. La philosophie semble pouvoir initier une pratique de réflexion sur des questions fondamentales qui facilite le développement de compétences managériales clés. Par contre, il existe peu de contributions empiriques sur les impacts de la philosophie sur le développement des compétences managériales et sur la manière d’enseigner un tel sujet au niveau du contenu, des objectifs et des dispositifs didactiques. Dans le cadre de cette présentation, nous étudions un programme appelé « Cure de philosophie pour cadres » offert à l’Université de Fribourg en Suisse. Une série d’entretiens avec 40 ancien·ne·s participant·e·s nous a permis de découvrir que cette « cure » permet aux managers de développer la conscience de soi, de nouvelles connaissances générales, une tolérance à l’égard des points de vue de leurs collègues et une nouvelle capacité à critiquer et questionner systématiquement les pratiques de leur environnement. Ces résultats correspondent à la didactique de la philosophie et au modèle de compétences de Tozzi.
La formation en milieu de travail comporte de nombreux avantages. Elle permet le développement des compétences des salarié·es, réduit les erreurs et les accidents, améliore la qualité des produits et des services et favorise l’innovation. Ce colloque propose de s’intéresser à deux enjeux associés à ces retombées.
Le premier concerne le transfert des apprentissages qui s’opère entre le contexte de formation et le milieu de travail, une condition nécessaire pour que les retombées attendues se réalisent bel et bien. La littérature souligne que le transfert est souvent faible, mais qu’il peut être soutenu par différentes mesures, comme une préparation adéquate des participant·es, une mise en pratique rapide des contenus enseignés ou encore le soutien des collègues au retour sur le lieu de travail. À ce sujet, le colloque aborde en avant-midi les questions suivantes : Comment les premières tentatives de transfert se déroulent-elles? Quelles pratiques favorisent le transfert? Par quels moyens les compétences transférées peuvent-elles être évaluées?
Une fois le transfert réalisé, un second enjeu consiste à évaluer si la formation s’est traduite par des retombées concrètes pour l’organisation. Bien que les avantages d’évaluer les retombées soient nombreux, certains obstacles peuvent empêcher d’entreprendre un tel exercice, tels qu’un manque de ressources, la complexité du processus à mettre en place ou l’absence de mécanismes de suivi à long terme, par exemple. Ces obstacles ne doivent pas être sous-estimés, car bien que l’évaluation puisse renseigner quant à la qualité d’une formation, force est d’admettre que les organisations ont plutôt tendance à n’y consacrer que des efforts limités. Ces éléments seront abordés en après-midi.
Les participant·es au colloque discutent de ces divers enjeux en partageant les résultats de leurs recherches sur les instruments et les méthodologies qui facilitent l’évaluation du transfert et de ses répercussions ainsi que sur les moyens pour améliorer la qualité des évaluations réalisées.
Titre du colloque :