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Apprentissages rythmiques aux confins de deux cultures : la capoeira comme pratique exogène dans un contexte d’enseignement musical genevois

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Marina Rabelo De Queiroz : Université de Genève

Résumé de la communication

La recherche porte sur l’analyse didactique de l'enseignement de la capoeira dans les classes de musique à l'école primaire à Genève. La capoeira, pratique alliant combat, danse et musique, est un symbole puissant de la culture afro-brésilienne. Nous examinons comment la transposition des contenus capoeiristes s'articule avec l'apprentissage rythmique des élèves, les implications au niveau des dispositifs didactiques et les obstacles rencontrés dans un contexte où la capoeira n’est pas une pratique usuelle.

Dans un monde de plus en plus interculturel, cette étude souligne l'importance de repenser les pratiques éducatives pour répondre aux enjeux contemporains. À travers l'observation des leçons et des entretiens semi-directifs avec les enseignant.e.s, nous nous appuyons sur des théories didactiques (Chevallard, 1991; Brousseau, 1998; Sensevy & Mercier, 2007) pour explorer les défis et les opportunités d’une telle transposition. En effet, nous observons des tensions concernant divers aspects sociaux et culturels dans la rencontre entre ces deux traditions d'enseignement (capoeira et musique à l'école).

Nos résultats montrent l'articulation de différents milieux capoeiristes pour le travail du rythme associé à la mobilisation corporelle des élèves et à l’incorporation de nouveaux contenus culturels, offrant des perspectives nouvelles sur la pratique artistique comme vecteur de transformation sociale, favorisant la citoyenneté, l’antiracisme, l’inclusion et l’interculturalisme.

Résumé du colloque

La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.

Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :

1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 17 mai 2024

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