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La trace de la traduction dans la blanche écriture du concept

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Laurent Lamy

Résumé du colloque

Nous partons du constat qu'aucune signification, se voudrait-elle de portée universelle, n'est vierge de son inscription dans le corps indigène d'une langue, ce qui déjà implique un processus de traduction intrinsèque. L'univocité de la référence visée par un acte de langage n'est que le «précipité» d'une polysémie originelle affectant le renvoi de signifiant à signifié et, à fortiori, le spectre infini des relations générées par l'usage non saturé du tropisme de la langue. L'effet de dissémination qui est oblitéré par la fonction régulatrice du concept, assigne en revanche l'acte de traduction en son lieu propre, qui est frontalier et extra-territorial, dans la mesure où il lui incombe de négocier (avec) le frayage de traces insoupçonnées, parfois fortement métissées, qui trahissent la condition plurale (post-babélienne) du ressourcement idiomatique mobilisé dans l'intention de signifier quelque chose. Il en ressort que l'acte de traduction ne peut désormais être relégué à une fonction ancillaire en regard d'un signifié (concept) commandant la translation idyllique entre une langue-source et une langue-cible. La traduction est par essence «performative», c'est-à-dire qu'elle produit du sens. Mais encore fait-elle brèche vers une dimension d'universalité qui n'est désormais plus inféodée à l'unité du concept, mais se ressource dans l'unicité de la forme, celle d'une langue dont l'incomplétude est sollicitée dans son rapport avec l'idiome étranger. Il ne lui appartient pas de communiquer quelque chose, mais de révéler l'essence même de la communicabilité.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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